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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 11:05

Paris Match. Quel public pensez-vous toucher lors de cette tournée avec un ­orchestre symphonique ?


George Michael. Je suis allé au concert hommage pour John Barry au Royal Albert Hall. En principe, quand on me reconnaît, une petite queue se forme et je signe des autographes. La “foule” partie, une charmante lady est venue m’aborder. Elle m’a dit : “Mon cher, beaucoup d’amis m’ont demandé de leur donner mes billets de vos concerts. Je les ignore et je viendrai.” Elle devait avoir 75 ans. Voilà. Je vais avoir des fans d’un autre âge.


Vous avez programmé 47 dates de concert, or vous n’aimez pas les tournées…


Non, mais j’aime jouer. La dernière, après dix-sept ans sans avoir joué en public, devait durer trois mois, elle s’est prolongée trois ans. Je prenais du plaisir. Ce n’est plus comme au temps du succès de “Faith”, j’arrivais dans des salles qui me connaissaient depuis vingt-cinq ans. J’ai été stupéfait et heureux. Et même si je ne suis pas un comique de stand-up, je parlerai entre les morceaux, je donnerai ma version des chansons, mon humeur, je parlerai plus, je rendrai l’atmosphère particulière. Cette tournée est la plus ­excitante pour moi depuis la première avec Wham !


D’autres pop stars que vous ont utilisé des orchestres symphoniques, pour des résultats assez ringards… Comment l’éviter ?


Je sais ce que je ne veux pas : une version sacralisée de mes précédents albums. C’est un piège, j’ai pas mal de chansons “borderline” dans mon répertoire. Mais si un autre interprétait “Wake me up Before you Go Go”, ce serait affreux. Cette chanson est devenue un hymne dans le monde entier pour décrire la ringardise. C’est aussi un super disque ! Lorsque les gens me demandaient comment j’allais surmonter cela, je ­répondais : “Vous danserez là-dessus aux mariages d’amis dans vingt ans.” J’ai eu raison. Idem pour “Last ­Christmas”, je chantais comme une fille, ce qu’il fallait pour le morceau. C’était certes incroyablement ringard, mais cela a fonctionné parce qu’il y avait du cœur. Sans ma performance, ces chansons sont presque pathétiques. J’en ai conscience.


Vous avez un autre projet, un album de dance…


Ce sera très gay. Je suis sorti du placard depuis seize ans. Avant ce coming out, les gens pensaient que je me cachais, pourtant, quand je sortais au restaurant avec mon premier compagnon, Anselmo, c’était évident. Très vite, j’ai présenté Anselmo à Tommy Mottola, le patron de ma maison de disques, Sony. J’étais naïf, car présenter l’amour de ma vie à un des plus grands homophobes que je connaisse, c’était une bombe à retardement. Une fois que vous êtes “out”, vous êtes considéré comme un artiste gay. Mais aujourd’hui il est temps de parler de ma vie. Je l’ai toujours fait, mais sous ­l’angle de mes relations, “Fast Love” notamment. Je souhaite évoquer tous les stéréotypes liés aux gays. Beaucoup seront choqués, n’aimeront pas. L’activiste n’est plus du tout sexy, beaucoup préfèrent consommer, danser et faire la fête. Nous sommes devenus apolitiques… Bon, il y aura du sexe et de l’humour, et j’espère que ceux qui ne veulent pas écouter de chansons à propos de bondage danseront quand même.


Mais du temps de Wham !, votre look ne prêtait pas à confusion quant à vos préférences sexuelles…


C’est différent. Si vous regardez les groupes des ­années 80, Duran Duran, Spandau Ballet, ils avaient l’air aussi gay que Wham ! Avec Andrew, on avait poussé le trait à fond parce que lui et moi savions que les adolescentes prépubères, notre public, ne voulaient pas voir de ­testostérone. Je me souviens en 1984, au Beacon Theatre, du sentiment d’horreur des trois premiers rangs de jeunes filles quand elles ont aperçu ma barbe ! Elles ont presque arrêté de crier. Wham ! jouait naïvement avec l’imagerie gay. Mais j’étais le seul.


Trente ans après l’apparition du sida, vingt ans après la mort de Freddie Mercury, que pensez-vous de la situation aujourd’hui ?


J’ai perdu mon partenaire en 1993, mort du sida, un an avant l’accès aux trithérapies. S’il avait vécu douze mois de plus, il serait peut-être vivant aujourd’hui… Mis à part les bienfaits de cette thérapie, les jeunes d’aujourd’hui sont moins concernés, ils pensent que cela ne leur arrivera ­jamais ou alors qu’ils seront sous médicaments toute leur vie. C’est pitoyable. Ma génération ne s’était pas posé de questions, nous avons mis des capotes tout de suite. Les ­homosexuels se protègent moins, ils sont donc ­davantage exposés à toutes sortes de ­maladies et Internet offre un choix incroyable de partenaires sexuels, croyez-moi !


Si vous croisiez le jeune George Michael ­aujourd’hui, quels conseils lui donneriez-vous ?


Débarrasse-toi de ton sèche-cheveux ! Mon vrai conseil serait celui-ci : ne te vends pas comme un objet sexuel. Si je n’avais pas joué sur cette image d’homme sexy, j’aurais été bien plus heureux. Je ne ­savais pas comment agir en tant qu’homosexuel que des milliers de femmes trouvaient attirant… C’est très flatteur, mais cela a causé des tonnes de problèmes, notamment avec les tabloïds. Citez-moi un autre gay dont la presse adore ­décortiquer la vie sexuelle.


...Rupert Everett, à une époque ?


Oui, il y a toujours eu des rumeurs… C‘est le seul homo aussi franc que moi. Mais lui, contrairement à moi, et sans vouloir l’offenser, n’avait pas une large proportion de femmes fans. Il est apprécié en tant qu’acteur. Et ce public féminin n’a pas disparu une fois “out”.


Parce que les femmes aiment les gays !


Certaines aiment l’inaccessible. Je le sais ­d’expérience. J’ai été honnête avec elles, pensant que cela mettrait un terme aux relations. Ce ne fut pas le cas, j’ai dû m’y résoudre. C’est étrange de chanter en tant que gay... devant des foules de filles hurlantes, enfin non, c’est moins le cas… ­Durant la tournée précédente, c’était 50-50, avec les gays. Sauf en Angleterre, ils sont si enfants gâtés qu’ils ne se lèvent pas aussi tôt que les femmes ! Elles courent acheter les billets alors que les hommes restent au lit.


Vous vous décrivez sans cesse en tant que gay. Est-ce la seule chose qui vous définisse ?


Je compense, ce pays est si victorien ! L’essentiel de la subculture masculine anglaise dominante est gay. Je ­souhaite que les gens comprennent la communauté ­entière. Mon album dance évoquera tous ces aspects. Je veux que les vieux, les jeunes, les adolescents s’y reconnaissent. Moi-même, je n’ai aucun souvenir d’une attraction pour les hommes avant mes 14 ans. La première fois, c’est parce qu’un type m’a fait des avances et je croyais que c’était une fille!

 

 PM

 

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